Le retour de la police des libéraux

Une fatalité pour l'intégrité des institutions

L'enjeu de cette élection porte sur le défi salutaire de rétablir l'intégrité de nos institutions, gravement mis à mal par les nominations libérales, incrustées dans tout l'appareil de l'État.

Cette tâche a débuté dès la prise du pouvoir par le gouvernement du Parti Québécois. La première institution dont le mandat premier est de garantir l'intégrité de tous les autres institutions est la Sûreté du Québec, sous contrôle des libéraux jusqu'à l'arrivé au pouvoir du Parti Québécois.

L'ingérence des libéraux à la SQ dénoncée de l'intérieur du corps policier, en 2011 :

L’auteur accuse sans détour le gouvernement d’ingérence :

«La Sûreté du Québec est une excellente organisation policière. Cependant, j’ai le regret de vous apprendre qu’il n’y aura aucun membre du gouvernement actuel qui sera accusé par la SQ ou l’UPAC ! Pourquoi ? Dans notre système actuel, il n’y a aucune indépendance entre le pouvoir policier et le pouvoir politique et c’est ce dernier qui dicte ses ordres au DG et aux DGA de la Sûreté».

«Nos enquêtes sont orientées sur des cibles précises et nos enquêteurs doivent constamment tenir informés leurs supérieurs de leur évolution. Aucun membre du gouvernement ne sera enquêté sans que monsieur Martin Prud’homme, sous-ministre à la sécurité publique ou que monsieur Robert Lafrenière, commissaire de l’UPAC, en soient informés». [voir]

Cette allégation a piqué au vif M. Deschênes, qui tient à la réputation d’intégrité et d’indépendance de la SQ.

« Je ne mets pas en doute la provenance de la lettre, a-t-il dit. Je ne peux pas la mettre en doute : j’ai demandé à nos gens de faire enquête [pour savoir qui l’a écrite]. Mais je trouve inacceptable et même injuste que l’intégrité de (la SQ), soit mise en doute par des insinuations dans un document anonyme. » [voir]

Dès la prise du pouvoir, le gouvernement du Parti Québécois a agi pour rétablir l’intégrité de la SQ. En octobre 2012, le nouveau ministre de la sécurité publique, M. Stéphane Bergeron, signifiait son congé au Directeur Deschesne :

Le gouvernement péquiste annonce que le directeur de la Sûreté du Québec Richard Deschênes ( nommé par les libéraux en 2008 pour un mandat de cinq ans.) est remplacé par Mario Laprise (Radio Canada, mercredi 10 octobre 2012). [voir]

« Quand ce genre de changement survient, le directeur général se refait un cabinet », a expliqué M. Veilleux. Mario Laprise a en effet obtenu l’autorisation de modifier à sa guise sa garde rapprochée. (Pierre Veilleux, réélu président de l’Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ) [voir]

Le ménage commence à l'intérieur même de la Sûreté du Québec :

Trois ex-officiers de la SQ soupçonnés d’abus de confiance et de fraude.

« Selon nos informations, il s’agit de l’ancien directeur général de la SQ Richard Deschesnes (2008 à 2012), de l’ancien directeur adjoint aux enquêtes criminelles Steven Chabot (jusqu’en 2010) et de celui qui l’a remplacé à sa retraite, Jean Audette (2010 à 2012). Toujours d’après nos sources, Steven Chabot aurait empoché lui-même l’indemnité de départ dont parle le ministre Bergeron, et le consultant professionnel payé avec l’argent du fonds secret serait un policier retraité de la SQ proche de Richard Desjardins qui a lancé une entreprise. » [voir]

Et reprise de contrôle de l’Escouade Marteau, mauvaise nouvelle pour les libéraux :

L’escouade Marteau aura un nouveau chef. Denis Morin serait remplacé par Michel Pelletier. [voir] Avec pour conséquences que les enquêtes débloquent et mènent vers les têtes du réseau libérale. Le Devoir, 2 novembre 2013 : Le PLQ plongé dans l’embarras :

« L’escouade Marteau est en position de gâcher la prochaine campagne de Philippe Couillard. » [voir]

Pour les libéraux, revenir au pouvoir pour reprendre le contrôle de la Sûreté du Québec, éliminer l'actuelle direction est un enjeu existentiel. Et c'est exactement ce que ce propose de faire Philippe Couillard selon Denis Lessard.

Si le PQ est réélu le 7 avril, il n'y a guère de changements à prévoir dans la haute fonction publique. Il en ira tout autrement si c'est le PLQ qui récupère le pouvoir, après 18 mois dans l'opposition. La formule peut changer, elle peut être plus acceptable politiquement, mais chaque nouveau gouvernement arrive avec sa hit list, a bien identifié les têtes qui vont rouler. Mario Laprise, le patron de la Sûreté du Québec, sera aussi dans la ligne de mire. [voir]

Conclusion : La Sûreté du Québec mène actuellement une lutte acharnée pour relever le défi immense de rétablir l'intégrité de nos institutions, gravement mis à mal par «le gouvernement le plus corrompu de l'histoire récente» (Marc Bellemare, ex ministre libéral, 2012). Dans la perspective du retour au pouvoir des libéraux de Philippe Couillard, les têtes à la direction de la Sûreté du Québec vont rouler, remplacées par des nominations libérales. C'est ainsi que les électeurs auront renoncés définitivement à rétablir l'intégrité des institutions, une fatalité pour le Québec.



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